L’Histoire de l’Open Data

Une volonté issu de la naissance de la République

L’Open Data dans l’environnement politique puise ses causes primaires il y’a déjà plusieurs siècles. Le concept de l’information libre en France a été inscrite dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 sous l’article XV avec comme principe, je cite : “La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration”.

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L’Open Data en France apparaît donc sans exister pleinement dans ses prémices de politique sociale plus de deux siècles avant un réel outil adapté à ce cadre légal. Il y avait déjà à époque une volonté profonde de suivre avec transparence l’action politique de nos administrations et de nos institutions, dans les valeurs fondatrices de notre République afin de faire contrebalance avec la gouvernance sociétale sortante de la monarchie absolue. Le siècle des Lumières et ses penseurs avaient déjà pressentis le besoin de libérer le savoir et de le transmettre au plus grand nombre.

Une volonté d’Open Data porté par la recherche

Le concept d’Open Data est aussi un concept rattaché de manière inhérente à la recherche scientifique depuis des dizaines d’années : partager l’information et le savoir au plus grand nombre. Dans la pratique, une communauté de scientifiques a toujours désiré ouvrir l’accès aux travaux de recherche au plus grand nombre, avec des publications d’ordre public et sans contrainte des compagnies d’éditions. Ainsi les jeux de données, et les résultats de recherche furent toujours libérés et c’est dans un regain actuel que l’on voit une réelle dynamique de nos jours. Il subsiste néanmoins des réticences à la libération des travaux de recherche dans le cadre de l’Open Data. Certains chercheurs argumentent sur le fait qu’au-delà de jeux de données et de tableaux, la libération de ces travaux de recherches peut apporter des risques de “noyade” des autres chercheurs dans la quantité immense de données, sans gage qualitatif qui était jusque-là appliqué par ces fameuses agences d’édition.

L’Open data d’aujourd’hui est une évolution de cette volonté de partage de la connaissance dont les philosophes des Lumières aspiraient, en apportant un caractère plus structurant et simple d’analyse : on n’entoure plus l’information dans des structures littérales à destination de lecteurs, on la structure à destination de machines.

Beaucoup aujourd’hui confondent encore les concepts de Big Data et d’Open Data. En effet malgré un vecteur commun qu’est la donnée, les conséquences sont bien différentes.

  • Le Big Data tire sa valeur de l’analyse et l’exploitation d’un volume de données immense toujours en augmentation.
  • L’Open Data lui, tire sa valeur du partage de données en lui-même plus que la quantité. La donnée ouverte est régi par trois critères : juridique, économique et technique. Elle se doit d’être accessible gratuitement dans un format qui en permet la réutilisation et ce sont ces critères qui définissent la valeur de la donnée ouverte.

L’expansion de l’Open Data

Mais s’il y a bien une date phare à retenir pour l’Histoire de l’Open Data, c’est bien Décembre 2007, où une trentaine d’activistes et penseurs de l’Internet se sont rassemblés au nord de San Francisco, à Sébastopol avec pour grande mission la définition du concept de données ouvertes et publiques.

A l’issu de cette rencontre, 8 principes ont été mis sur papier, les Principes de Données Ouvertes Gouvernementales :

  1. Complète
    • Toutes les données du public sont mises à disposition. Les données publiques sont des données qui ne sont pas soumis à des restrictions de confidentialité, de sécurité ou de privilège valides.
  2. Primaire
    • Les données sont aussi recueillies à la source, avec le plus haut niveau possible de granularité, et non pas dans des formes agrégées ou modifiées.
  3. Opportun
    • Les données sont mises à disposition aussi rapidement que nécessaire pour préserver la valeur des données.
  4. Accessible
    • Les données sont disponibles au plus grand nombre d’utilisateurs pour la plus large gamme d’applications.
  5. Traitables en machine
    • Les données sont raisonnablement structurées pour permettre le traitement automatisé.
  6. Non-Discrimination
    • Les données sont disponibles à tout le monde, sans obligation d’inscription.
  7. Non-exclusive
    • Les données sont disponibles dans un format sur lequel aucune entité n’a le contrôle exclusif.
  8. Licence libre
    • Les données ne sont pas soumises à un droit d’auteur, brevet, marque ou règlement secret, vie privée raisonnable, de sécurité et de privilèges restrictions peuvent être autorisés.

Ces huit grandes règles sont celles qui définissent pleinement le cadrage d’une donnée dite “ouverte” et dont les institutions, les états, ainsi que le secteur privé doit suivre au plus proche.

Ce sont ces règles qui servent aujourd’hui de cadrage aux politiques d’open data des institutions publiques et privées dans le monde. Elles cadrent les grands principes de partage sans aucune barrière dans la réelle volonté d’ouverture.

Il est néanmoins important de souligner que la relation aux données à caractère privé, nerf de guerre juridique des politiques publiques, n’est pas du tout pris en compte dans la réalisation de ces règles. Le cadrage juridique actuel et futur viendra cependant cadrer la relation de l’Open Data aux données à caractère privé, notamment en Europe avec le Règlement européen sur la protection des données voté en 2016 et appliqué en 2018.

Sources :

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